Le Monde, 28 décembre 2015 Orientation post-bac : sortir des affres du choix et dédramatiser - par Séverin Graveleau – Extraits

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[…] « On voit l’échéance se rapprocher, on se rend dans une multitude de Salons d’orientation, on en parle à tout le monde. Mais rien n’y fait, on est perdu » ; C’était il y a trois ans mais Antoine de Montebello se souvient du « stress d’APB » comme si c’était hier. Bon élève en terminale, il se rappelle avoir eu l’impression « d’être incapable de se repérer parmi la multitude d’offres » dans l’enseignement supérieur. Il imaginait alors vaguement « vouloir travailler dans l’audiovisuel », une option dévalorisée dans le lycée privé catholique parisien dans lequel il terminait sa scolarité, autant que l’idée d’intégrer une école (privée) de commerce postbac, l’Iéseg, à Paris, absente du portail Admission postbac (APB). Il y est aujourd’hui un étudiant épanoui en troisième année. « Il ne faut se fermer aucune possibilité, et tout envisager sans trop écouter les recommandations des uns et des autres. Et en cas de doute, demander l’aide de professionnels de l’orientation », conseille-t-il aujourd’hui.

C’est ce qu’il a fait, en février 2013, en allant, comme le font chaque année des dizaines d’autres élèves anxieux, frapper à la porte du Centre d’orientation et d’examen psychologique (COREP) de Paris. Quelques semaines ou juste avant le 20 mars, date limite pour inscrire ses vœux dans le portail APB, de nombreux élèves de terminale qui avaient repoussé l’heure du choix pour moins stresser  « veulent nous rencontrer, être conseillés, mais nous n’avons souvent plus de places, et c’est la panique ! », commente Sophie de Branche, la directrice du centre. […]

[…] Cette association à but non lucratif propose, entre autres, des tests d’aptitude, de personnalité et d’intérêt professionnel aux élèves en mal d’orientation. De quoi « les aider à se connaître », explique-t-elle, et à faire des choix « cohérents par rapport à leurs goûts, aspirations et réalités scolaires » dans le logiciel APB, ou en dehors pour les formations qui y échappent encore. « On les amène à se poser des questions très loin du traditionnel “quel métier t’intéresse ?”. Suis-je capable d’être assis toute la journée dans un bureau ? Ai-je plutôt besoin d’être dehors ? De rencontrer des gens ? De les aider ? Sur quoi suis-je en mesure de passer des heures et des heures sans m’ennuyer ? etc. » Il leur en coûtera 290 euros pour 4 h 30 de soutien, un tarif tout de même inférieur à ce que proposent la majorité des centres privés d’orientation. […]